Nuit d’Été, un récital lyrique à découvrir le 21 juin 2026 à la Salle Robert Dunand du Conservatoire de Musique de Genève.

“Ce léger parfum est mon âme» (Théophile Gautier)

Combien de rêves, de passions, de drames et d’amours déçues traversent une nuit d’été? Véronique Valdès, mezzo-soprano, et Titta Carvelli, piano, nous transporteront dans ce monde d’ivresse et de souvenirs le temps d’une soirée.

Les compositeurs du programme présenté sont en lien : tous nés au XIXe siècle, ils se sont rencontrés, appréciés, admirés ; mais surtout, ils ont vibré de leurs passions qu’ils nous livrent dans des pages inoubliables. Nous entendrons ainsi un extrait des Nuits d’été de Berlioz, superbe et mythique recueil de mélodies où la musique s’unit avec une tendresse renversante aux poèmes de Théophile Gautier.

Les mélodies russes présentées ensuite exprimeront l’ardeur et les tourments de Pauline Viardot qui, selon Maupassant, a vécu «la plus belle histoire d’amour du XIXe siècle» avec son amant Tourgueniev, ami très cher du couple Viardot et auteur des textes de deux des mélodies interprétées ce soir.

Génie de la mélodie, Tchaïkovsky en composera plus d’une centaine. Nous découvrirons celle qui demeure peut-être la plus touchante: Otchevo? ( Pourquoi?) , suivie du grand air de Jeanne d’Arc, Prastitie vy, extrait de l’opéra La Pucelle d’Orléans.

En voyage à Paris, Tchaïkovsky conçoit une immense admiration pour la désormais légendaire Carmen de Bizet, dont trois des airs principaux figureront au programme.

Quant à Tosti, il est le maître incontesté de la mélodie en Italie. Véronique Valdès et Titta Carvelli choisissent d’interpréter trois de ses plus belles pages, L’ultima canzone, Non ti amo più, et, sur un poème de Gabriele D’Annunzio, L’alba sepàra dalla luce l’ombra.


Depuis 2021, l’altiste Lyda Chen-Argerich – fille de la légendaire Martha Argerich – et moi avons construit une complicité artistique rare, nourrie par la confiance, l’écoute et l’audace. En quatre ans, nous avons donné huit concerts ensemble, et le 2 octobre 2025, nous vivrons notre 9ᵉ collaboration dans un lieu emblématique : le Victoria Hall de Genève.

Pour cette soirée, nous inviterons le public à un voyage en deux volets. En ouverture, un trio voix–alto–piano comme un kaléidoscope d’émotions, révélant différentes facettes du féminin. Puis, en point d’orgue, La Voix humaine de Poulenc dans sa version voix-piano, portée par une mise en scène partielle qui plonge au cœur de l’intimité d’“Elle”.

Avec Lyda, je n’ai pas seulement trouvé une partenaire de scène : j’ai trouvé une véritable alliée artistique. Nos concerts sont comme des conversations intimes, où la musique reste toujours sincère, jamais calculée. Ce que nous partageons dépasse les notes : c’est une vision commune de l’art, faite de vérité et de passion.

Dans un milieu encore très codifié, nous avons choisi de tracer notre propre chemin, en faisant de chaque collaboration un espace libre et exigeant. Jouer au Victoria Hall ensemble, c’est ramener notre histoire à la maison, avec toute la richesse et la profondeur que nous avons construites depuis 2021.

Ce concert est plus qu’un rendez-vous musical : c’est le chapitre marquant d’une aventure humaine et artistique. Une histoire forte, inspirante et profondément vivante, que je serais heureuse de voir racontée dans votre journal.